psychologue à pézenas, guillaume nguyen est amené à accompagner des familles présentant des difficultés éducatives avec leur enfant

Comment le psychologue peut-il aider les difficultés éducatives ?

 

La consultation thérapeutique chez un psychologue peut aider les familles qui rencontrent des difficultés éducatives avec leur enfant. Psychologue à Pézenas, Guillaume Nguyen donne son point de vue.

Guillaume Nguyen, psychologue à Pézenas.

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« Il n’écoute pas », « il n’obéit pas », « il fait des caprices », « il fait des colères », « il casse des objets »… De nombreuses familles consultent pour des troubles oppositionnels chez leur enfant. A divers degrés, ces derniers sont source de tension et d’épuisement, pour les parents comme pour l’enfant.

La consultation thérapeutique chez un psychologue ou un pédopsychiatre permet souvent une réassurance des parents dans leurs rôles et leur place, des représentations et un sens nouveaux autour de la dimension éducative.

Ces professionnels consultent en cabinet libéral ou en Centre Médico-Psychologique (CMP). Concernant les psychologues, les consultations en CMP sont intégralement remboursées par la sécurité sociale car ces structures dépendent du service public hospitalier. Attention, la forte demande engendre malheureusement des délais d’attente qui peuvent être très longs, parfois jusqu’à un an pour un premier rendez-vous.

C’est quoi des « limites » pour un enfant ?

« Il lui faut des règles », « il faut mettre des limites ». Les « limites », on entend souvent cela, réitéré comme un leitmotiv, la solution au problème d’un « enfant difficile ».

Reste à voir le sens que cela peut revêtir pour les parents comme pour l’enfant. D’abord, c’est quoi des « limites » ? Ca veut dire quoi ? C’est quoi un « enfant difficile » ? C’est quoi un « caprice » ?

Comme la face émergée d’un iceberg, ces troubles sont souvent sous-jacents à des difficultés plus profondes. Ils sont néanmoins un point de départ, le motif de consultation par lequel la famille ouvre sa porte, commence à parler et se parler.

La question du soutien parental

Pour les parents, entrevoir une perspective de changement conditionne d’abord de concevoir le cadre et les règles de la maison comme pourvoyeurs d’un sens pour l’enfant, vecteurs d’une autorité qui rassure, d’une cohérence qui donne un sentiment de sécurité.

Mais l’éducation est une notion pour laquelle les références ne sont pas les mêmes pour tous. En effet, chacun a été enfant avant d’être parent, chacun a eu des parents avant d’être soi-même papa ou maman. Chacun est le produit d’une lignée, d’une longue histoire familiale, avec ses joies et ses tragédies.

Si la loi et les interdits qui régissent la société sont les mêmes pour tous, l’éducation n’est bien sûr pas vécue de la même manière, certainement de façon aussi diverse qu’il y a de personnes et de familles.

Le soutien des fonctions parentales est donc capital dans ces problématiques. Les difficultés prennent souvent un sens nouveau quand les parents abordent, dans le cadre confidentiel et sécurisant de la consultation thérapeutique, la manière dont eux ont vécu leur propre éducation.

Pour un parent, interroger spontanément les vécus et les représentations qu’il a pu mobiliser autour de la parentalité est une réflexion la plupart du temps féconde et éclairante pour lui-même, augurant souvent d’étonnantes prises de conscience.

C’est d’autant plus vrai lorsque le chemin lui a fait connaître des tristesses, des douleurs voire des violences dans sa propre enfance.

La communication entre les parents

Il est important ensuite que les parents puissent communiquer entre eux pour afficher une cohérence face à l’enfant. Certains conseils sont basiques et pourtant, pris dans le quotidien, ils ne sont pas toujours respectés : éviter de contredire/discréditer l’autre parent devant l’enfant, soutenir l’autorité de l’autre parent, parfois lui laisser de la place…

Si l’autorité est contestée, alors son efficience s’amoindrit et l’enfant aura tôt fait de s’engouffrer dans les brèches.

Si les désaccords ne sont pas rares sur telle ou telle conduite éducative, il est nécessaire de pouvoir en discuter, mais pas en présence de l’enfant.

La consultation peut être un lieu précieux de dialogue entre les parents et le psychologue.

Quels sont les besoins profonds de l’enfant vis à vis de l’éducation ?

Penchons-nous un peu sur le besoin de l’enfant.  A ce terme de « limites » souvent entendu, je préfère nettement celui d’appuis. Tout dépend le point de vue duquel on se place.

Pour ma part, ce dernier ouvre tout de suite un sens bien plus grand dans ce qu’il peut se jouer autour de cette dimension éducative.

L’éducation est un acte d’amour

L’éducation est un acte d’amour, elle participe pas-à-pas à construire ce qui va permettre à l’enfant de pouvoir contenir sa vie psychique, s’apaiser, vivre en communauté dans le respect de soi et des autres.

Dans le quotidien de la vie familiale, les interdits  définis par les parents lui délimitent les contours de sa place d’enfant : ce qu’il est possible ou non de faire, ce qu’il sera possible de faire plus tard, ce que la loi interdit à tous.

Les enfants cherchent à être rassurés

Cette place n’est implicite pour lui, bien au contraire ! Fonctionnant sur le principe de plaisir, il serait volontiers roi tout-puissant si sa famille ne lui imposait pas sa place et les codes qui régissent les rapports sociaux (on ne tape pas, on partage, on dit merci, pardon etc…).

En s’appuyant sur ses parents (et leur patience!), il va progressivement vivre la frustration de façon moins douloureuse, apprendre à la transformer, notamment par le biais créatif.  Interdite, l’agressivité par exemple va pouvoir être jouée plutôt qu’actée : l’enfant va dessiner ou faire se bagarrer des playmobils dans un coin de sa chambre, dans un espace créatif (le jeu, dessin…) qui ne met personne en danger.

Sans ses parents pour le guider vers la vie de grand, il est perdu, comme un petit marcheur égaré : où est le nord ? le sud ? Alors il s’agite, provoque, fait des bêtises… à la recherche d’une réponse, quelque chose qui va lui indiquer la direction.

Le tout-petit « teste » diront certains, il cherche à être rassuré diront d’autres.

Si l’enfant vient sans cesse vérifier la solidité de l’appui parental c’est justement pour pouvoir justement s’y appuyer, compter dessus, se l’approprier et l’utiliser pour lui-même.

Le « non » des parents

Le « non » est une réponse dont l’enfant a besoin, particulièrement durant la petite enfance et certaines phases d’opposition propres à son développement.

Si l’enfant affirme sa personnalité, les parents lui délimitent jusqu’où il lui est permis d’aller, communiquent ce qui est dangereux (les escaliers, la route, les voitures…) et ce qui est interdit (taper, casser etc..). Ils sont autant de barrières sur lesquelles le petit peut s’appuyer pour modifier sa trajectoire, s’épanouir pleinement dans l’espace rassurant défini par ses parents.

Cette sensation d’appui s’inscrit dans la continuité du formidable travail qu’ils ont pu accomplir en le maternant, en le choyant, en l’accompagnant au sommeil… La sensorialité est en effet primordiale dans la construction psychique du tout-petit, tout particulièrement les expériences d’appuis sur la surface du corps.

Tel bébé en détresse s’apaise en effet sitôt qu’on le porte, qu’on lui parle, qu’on lui chante une chanson. Les soins parentaux tels que peau-à-peau, portage, enveloppement, regard, sourire, câlins, berceuses sont autant d’appuis qui vont rassembler sa psyché et sa sensorialité éparses dans les premières phases de sa vie.

Le « non » est aussi un appui éprouvé par l’enfant quand il se confronte à son parent. Quand le « non » est juste et expliqué, il sécurise l’enfant, autant qu’il lui communique une information qu’il pourra s’approprier (comme par exemple la notion d’interdit ou de danger).

S’il n’en est pas assuré, il viendra d’une manière ou d’une autre interpeller les parents sur ce besoin d’être rassuré.

En consultation, je suis toujours très surpris de l’intérêt soudain des enfants quand on parle avec les parents des « règles » à la maison. La petite fille ou le jeune garçon qui jouait au sol dresse l’oreille, souvent se joint à la discussion et y participe. Les enfants sont parfois-même d’une grande pertinence, soulignant aux parents leurs contradictions, rappelant un interdit dont ils ont oublié de parler…

J’eus un jour en consultation un monsieur très en difficulté avec sa petite fille de 30 mois.

La petite se baladait dans mon bureau, renversait des objets par terre en se tournant chaque fois vers son papa qui semblait ne pas oser intervenir.

Lorsque je lui demandais ce qu’il se passait, il m’exprimait sa crainte profonde que sa fille lui en veuille s’il se fâchait. Il se rendait pourtant compte de l’attente qu’elle lui exprimait et finit par intervenir, s’agenouillant face à elle et lui interdisant  de faire tomber les objets de mon bureau.

La petite pleura quelques instants et partit apaisée jouer à la pâte à modeler. Elle se saisit d’un emporte-pièce en forme de cœur et produisit un exemplaire qu’elle offrit à son père, qui n’en revenait pas ! Non seulement elle ne lui en voulait pas, mais en plus elle lui témoignait sa reconnaissance.

Un « non » d’amour

Le « non »  contient l’enfant et le rassure, au même titre que l’affection et l’attachement que lui portent ses parents : c’est toujours apaisant pour chacun d’entendre combien ce « non » est un « non d’amour ».

Tel que je le conçois, l’accueil en consultation thérapeutique permet donc d’ouvrir une réflexion sur ce qui se joue entre l’enfant et ses parents sur le plan relationnel, tout comme interpeller sur le vécu de chacun, les besoins de l’enfant.

C’est peut-être ce travail qui va leur permettre naturellement de pouvoir remettre des « limites » à la maison, pour reprendre le terme, quand cette nécessité a pris un sens nouveau pour chacun.

Parfois les difficultés de l’enfant sont le ressort d’une problématique en lui plus profonde et peuvent conduire à un suivi plus soutenu, comme une psychothérapie individuelle.

La réflexion et les aménagements des parents dans leur fonctions éducatives restent toutefois cruciaux, complémentairement au suivi.

Le changement produit aide ainsi à redéfinir des places où parents et enfant se retrouvent. C’est particulièrement vrai quand ils vivent à nouveau des moments de détente et de plaisir.

L’éducation est une transmission

En s’appropriant les interdits, le jeune en construction peut progressivement se dire non à lui-même, s’autonomiser de façon sécurisante, acquérir les règles qui régissent la vie en communauté. Somme toute, s’épanouir dans sa place d’enfant et grandir vers sa vie d’adulte.

Guillaume Nguyen

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Comment le psychologue peut-il accompagner les difficultés éducatives ?
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Comment le psychologue peut-il accompagner les difficultés éducatives ?
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La consultation thérapeutique chez le psychologue peut apporter une aide précieuses aux parents en difficulté avec leur enfant sur le plan éducatif. Avant de conseiller la famille, il est important d'identifier les représentations des parentalité autour de l'éducation, tout comme identifier où se situent les besoins de l'enfant.
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Psychologue - psychothérapeute à Pézenas (Hérault)
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